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Bonjour,

pourquoi "se déplacer" ? Pourquoi pas "voyager", "fureter", "découvrir", par exemple ? Avant tout par souci de dépoussiérer le voyage de l’aura romantique qui lui colle à la peau et de ramener le terme à son essence : celle du mouvement. Par volonté d'opposer le meuble à l'immeuble. De rappeler qu'un voyage immobile n'est qu'une vision de l'esprit et que le corps doit être mis à contribution même si les transports fournissent leur assistance technique. Dans un souhait de larguer du prosaïque au beau milieu du rêve et de casser les tactiques touristiques. Ne jamais oublier que voyager c'est avant tout se frotter aux autres et ce n'est ni toujours facile, ni toujours agréable. Ca sent, ça colle, ça traîne et ça prend du temps les autres. Ca dégage des odeurs et de la sueur. Ca s'embarque dans des alternatives, des marchandages, des salles d'attente et de sales humeurs. Voyager c'est comme vivre : à l'usage, ça s'avère indispensable, mais avant d'en avoir pris conscience, on doit passer par des étapes d'initiation. Accepter de prendre sur les doigts et d'encaisser avant de pouvoir partager et restituer. Voyager c'est également une façon d'envisager l'existence comme un mille-feuilles de strates de significations différentes dont chaque expérience vient modifier la texture, l'aspect et le contact avec les trois dimensions. Voyager c'est le mouvement perpétuel, la bougeotte comme litanie, l'hyperactivité comme devise, le déplacement comme remède à la sclérose parce que se fixer, c'est mourir un peu. Voyager c'est se déplacer.

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Merci de votre attention