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Bonjour,

On n’a pas l’habitude, sur ce blog ou sur la page FB éponyme, de vous parler outre mesure de ce que vous aurez dans l’assiette une fois vissé à la table d’un restaurant. On se sent plutôt concerné par ce que vous aurez dans la tête, dans le cœur et dans la mémoire à ce même moment. On ne dérogera pas à la règle pour ce Caffè dei Cioppi que nous avions loupé à notre retour d’Asie pour cause de sale manie parigote (fermer le WE, sous prétexte de repos du guerrier,  pour interdire ostensiblement l’accès des tables modeuses aux banlieusards – même si le Grand Paris existe sur le papier, on n’est pas près de le connaître dans les faits) et de fermeture anticipée. Rouvrant quelques rues plus loin, dans la proximité du Mansouria,  ex-table marocaine chérie des 90’s un peu délaissée depuis, l’endroit ne fait pas plus d’histoire dans la déco (un simple bistro où il fait bon s’attabler, une mise en scène qui ne fait pas l’intéressante et vieillira bien) que dans l’assiette (l’essence de l’art, ramenée à quelques ingrédients exceptionnels boostés par un twist inégalable).

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A l’origine, écartant d’un revers de la main les critiques dans l’air du temps, on vient surtout pour manger comme là-bas, à la trattoria du coin. Manger comme là-bas, quand le là-bas en question est la girl next door de la France, ça revient à vivre une aventure passionnante à chaque repas. Et, chez Federica Mancioppi et Fabrizio Ferrara la déception ne fait pas semblant de pointer le nez. Quand le triste restaurant de quartier français joue une partition sans surprise avec ses magrets de canard aux griottes ou son dos de saumon à l’oseille et à l’unilatérale, la gargotte des Cioppi se lance dans une symphonie dédiée aux produits de la terre, du soleil, de l’eau et de l’air. Sans jamais oublier l’évidence, la cuisine du quotidien de nos deux chefs respecte quelques règles essentielles, à savoir flatter gentiment la vue et prendre son consommateur par surprise en attaquant sérieusement les papilles juste derrière et en se réinventant chaque jour avec modestie. Le pari risqué du couple (faire rimer simplicité et grande cuisine) est remporté haut la main avec la désinvolture que confère l’expérience et qui semble coller aux basques des Italiens comme une veste en lin destructurée et froissée sait coller à leur silhouette. Le service est à l‘avenant, l’affaire dans la poche, le client satisfait et les tauliers aux anges. On y reviendra. Et pas dans 6 mois. Cette cantine-là, on rêve tous de l’avoir en bas de chez soi.

Et dans cette cantine, on pourrait entendre ça, par exemple

Merci de votre attention